Et cætera, etc.

Etc.

Une trêve

par Ana Weber in En campagne

Nous y voilà :
Novembre,
Encore toi, qui ne s’épuise pas à me rabaisser, me délaisser,
Et qui me glisse vicieusement en mémoire, les cendres de mai : de la trêve heureuse, qui à l’époque m’avais sauvé de ma noyade émotionnelle.

Souviens toi,
Je te donne le décor :
Assise en tailleur, la peau légèrement caramélisée,
Avec, comme à mon habitude une clope à la bouche, consumée.
Elle a disparue, mon attitude rude qui repousse les gens bien attentionnés et désormais elle laisse mon visage se décrisper.
En pleine conscience, j’effleure du dos de mes mains, le rocher sur lequel je loge ; abandonnée au temps ralenti qui caresse mes joues (re)teintées par des couleurs rieuses.
Mon corps diffus est poli par l’air rosé des soirs mauves et mon crâne est sujet à une lente et tendre nostalgie.
Des parfums chaleureux façonnent mes souvenirs tristement morcelés, les assemblent et les font gesticuler dans ce silence que j’avais tant recherché.
Je fixe soulagée, ma poitrine qui se soulève à nouveau par la brise et qui dépose en pellicule, des sourires perlés sur la pulpe de mes doigts.
L’accumulation du bourdonnement urbain ainsi que toutes ces plaintes, condensées sous mon front fiévreux près à se fissurer, déguerpissent dans une profonde expiration.
Je m’élance, survolant ce monde infectieux, brulant ma langue qui se tord à la moindre commodités obligées. Et je plane m’éloignant du tourbillon assoiffé de la ville déchiquetée par la misère.

Alors à ta santé ! À toi, sensation pétillante et bienveillante,
À l’espoir de te recroiser bien avant le prochain mois de mai.
Et toi novembre, je souhaite de tout mon cœur, que tu te fasses piétiner par le soleil et les rires crépitants.