Et cætera, etc.

Etc.

QDO

par Jean-Claude Faure in Mack & Wolf

Lyon, le 31 juillet 2015,

Mon très cher Wolf,

Je suis actuellement au SRPJ de Lyon pour aider mes collègues à régler quelques affaires courantes, rien de graves (viols collectifs sur personnes de plus soixante-dix ans, trafic et recels d’objets sexuels au presbytère de Villeurbanne, ventes de vierges roumaines à une « manoucherie » du Sud lyonnais, etc.)

Mon cher ami, c’est une bien triste nouvelle que vous m’apprenez et j’imagine dans quel désarroi vous devez vous trouver, vous qui auriez donné votre corps, vôtre âme, pour votre collègue et amie. Je dois dire que personnellement, je ne la connaissais qu’à travers quelques rapports d’enquêtes et filatures de mes collaborateurs du 36 QDO et sa vie, que je qualifierais, d’après ces rapports, de tumultueuse, ne pouvait assurément pas se terminer à l’âge de neunante ans dans quelques mouroirs de campagne où sous des enseignes « Le nid des seniors » , « La dernière ligne droite avant le paradis » et autres « Le dernier coucher de soleil » ne se cachent en réalité que des asiles peuplés de vieux décharnés que matonnent des mégères diplômées d’un master en massages pour vieux et avides de vieilles chairs, de couches pissotantes et de dentiers baignant dans des verres d’eau javellisée.

Non, ce qui m’intrigue, mon cher Wolf, ce sont les circonstances de cette mort, le changement de silhouette de « votre » Mack… Cette Mack est-elle vraiment Mack ? Serait-ce un sosie que l’on aurait gavé telle une oie périgourdine, puis droguée et jetée dans un avion destination France, aurait-on voulu vous berner ?

***

Je dois rentrer précipitamment en Champagne, ma femme est complètement désorientée. Elle a, tenez-vous bien, surpris mon fils Antonin au retour d’une visite de chez la Boubakar en train de se masturber dans sa chambre, en tenant dans l’autre main le magazine Voici avec en couverture la photo de Martine Aubry portant maillot de bain deux pièces et se prélassant sur la plage de Fort Mahon.

Enfin bref, je serai de retour ce week-end et peut être pourrions nous nous rencontrer en début de semaine, afin d’analyser sereinement ce dramatique événement et nous désaltérer de quelques bonnes bières au café du midi. C’est un établissement que je fréquente rarement, mais qui me semble très approprié pour soigner peines et chagrins.

Alors à très bientôt, mon cher Wolf, et merci de me confirmer notre rendez vous.

Bien à vous,
Commissaire Glandier